La biométrie au service du citoyen

A l’occasion de sa visite en France en avril dernier, Aung San Suu Kyi, la députée birmane et Prix Nobel de la paix, s’est rendue chez Morpho pour découvrir comment la biométrie pouvait concourir à la réussite d’une élection. Olivier Lafaye, directeur du développement international de Morpho, revient sur la dimension sociétale et sociale de cette technologie.

Quelles sont les raisons qui ont amené Aung San Suu Kyi à se rendre chez Morpho ?
La visite d'Aung San Suu Kyi avait pour objectif d'approfondir sa connaissance des mécanismes démocratiques en France. L'année prochaine, une élection présidentielle devrait avoir lieu dans son pays : elle négocie actuellement avec les généraux au pouvoir pour que celle-ci soit la plus ouverte possible. Or, pour réussir des élections, il faut connaître la base électorale et donner une identité à tous les électeurs. Aujourd'hui, la meilleure solution pour y parvenir consiste à disposer d'une base de données, garantie par la biométrie. Nous lui avons donc présenté notre savoir-faire dans ce domaine, à travers les exemples du Mali, de la Côte d'Ivoire, et du Kenya – des pays où les élections ont pu avoir lieu sans aucune contestation des listes électorales. Très en phase avec son temps, Aung San Suu Kyi a fait preuve d'un réel intérêt pour nos solutions et posé des questions précises. A noter que nous sommes les seuls industriels qu'elle a choisi de rencontrer lors de ses deux jours de visite. La biométrie au service de la démocratie, n'est-ce pas paradoxal ?
C'est un renversement de paradigme : la biométrie va permettre à des pays d'accéder à plus de liberté ! Il faut bien sûr que l'utilisation de cette technologie soit encadrée par des lois, afin que le citoyen puisse savoir qui est le garant des fichiers et comment ils sont utilisés. Dans de nombreux pays, les élections sont un phénomène récent. Le système politique n'est pas aussi mature que dans les pays occidentaux, le recensement parcellaire. La technologie va permettre au citoyen d'être intégré au processus démocratique, et d'exercer dignement et sans contrainte ses droits. C'est indéniablement un progrès. Les apports de la biométrie à nos sociétés vont-ils au-delà de ce soutien à la démocratie ?
L'utilisation de la biométrie est une nouvelle étape dans le développement social et économique de notre monde. Par exemple, avec le programme AADHAAR en Inde, où nous avons pour mission d'attribuer un numéro d'identification unique à chaque personne. Grâce ce numéro, les habitants sont désormais reconnus et vont pouvoir accéder plus simplement aux services sociaux ainsi qu'à des prestations de santé. La biométrie leur redonne une dignité humaine. Autre atout : la biométrie appliquée à la mobilité. Les passeports que nous fournissons aux citoyens chiliens leur permettent désormais de voyager vers les Etats-Unis sans visa.
Dernière dimension : l'aspect économique. Depuis que la banque brésilienne Banco Itaú a engagé, en 2010, un important partenariat avec Morpho pour introduire dans ses process des solutions d'identification biométrique, la fraude a été anéantie. A nouveau la biométrie se porte garante de l'identité de la personne, lui permettant d'échanger des biens librement et en toute sécurité. En Europe, où l'usurpation d'identité est un phénomène grandissant, il est probable que le développement de ces technologies va s'accélérer dans les prochaines années. La biométrie aura alors un rôle de confort, de facilitateur, remplaçant, par exemple, les nombreux codes secrets que nous devons mémoriser, comme c'est le cas aujourd'hui sur certains smartphones.

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